1972-2022 : 50 ans d’une victoire !

1972, LE RÊVE EN BLEU…

Les 24 Heures du Mans, voici quelques mots magiques qui ressemblent à une inaccessible étoile que Jean-Luc Lagardère essaie d’accrocher à son palmarès depuis sept saisons.

En effet, depuis Louis Rosier et sa Talbot-Lago en 1950, aucune voiture française n’a réussi à s’imposer lors de cette mythique épreuve d’endurance.

Forte de son expérience, c’est pour l’équipe Matra l’heure de vérité ; Lagardère met tout en œuvre pour remporter l’édition du 10 et 11 juin 1972. Pour cela, il va aller chercher Henri Pescarolo qui n’est plus chez Matra depuis 1 an ; ce dernier y revient un peu à contrecœur, qui plus est quand on lui annonce que son coéquipier sera le talentueux Graham Hill. « Pesca » pense en effet que Hill est trop vieux et qu’il se « couchera » si les difficultés arrivent lors de la course (nuit, pluie, etc…).

Pourtant Graham veut lui aussi gagner coûte que coûte l’épreuve, lui qui est Champion du Monde de F1 (1962 et 1968) et qui a remporté les 500 Miles d’Indianapolis en 1966 (il est le seul pilote de l’histoire détenteur de la triple couronne).

Chez Matra, on engage 4 voitures : une ancienne MS 660 porteuse du N°16 (Jabouille/Hobbs) et 3 MS 670 (N°15 avec Pescarolo/Hill – N°14 de Cevert/Ganley et la N°12 d’Amon et Beltoise). À noter que l’écurie Ferrari ne s’engage pas cette année-là, car leurs moteurs manquent de fiabilité.

Samedi 10 juin : c’est le grand jour pour l’équipe Matra – Simca emmenée par Gérard Ducarouge ; Comme promis, c’est le Président de la République, Georges Pompidou, qui donne le départ de cette course folle.

Alors que François Cevert sur la MS 670 N°14 signe la pole position, Pescarolo le double et se hisse à son tour en première place.

Au deuxième tour, Jean-Pierre Beltoise s’arrête sur le bas-côté… moteur cassé ! S’ensuit une bagarre entre les Matra, les Alfa Roméo et les Lola. La nuit arrive avec la pluie, mais les craintes de Pescarolo à l’encontre de Hill s’estompent, car Graham Hill offre un pilotage tout en talent tours après tours (ainsi qu’un judicieux choix de pneumatiques de type pluie avant tout le monde).

C’est à la 17e heure de course qu’arrive le drame ! Le pilote suédois Jo Bonnier sur Lola T250 percute à 250 km/h la Ferrari Daytona de Florian Vetsch. Le pilote Ferrari arrive à s’extraire de la voiture en flamme, mais la Lola s’envole et fauche la cime des arbres. Bonnier se tue sur le coup ! C’est la consternation ! Malgré cela, la compétition n’est pas interrompue. Les autres Lola et Alfa Roméo connaissent divers ennuis ce qui laisse désormais le champ libre aux deux voitures bleues restantes. La « vieille » MS 660 de Jabouille et Hobbs abandonne à 90 minutes de l’arrivée, pour un problème de boîte de vitesses.

La voiture de Cevert/Ganley ayant connu un accrochage, c’est à la deuxième place qu’elle franchit la ligne d’arrivée juste derrière le tandem Pescarolo/Hill qui offre à Matra sa première victoire aux 24 Heures du Mans. Celle-ci sera suivie de deux autres mais ceci est une autre histoire !

Hommage à Jacques HUBERT, dit « l’Ingéni...

 

Le 20 mai dernier, Jacques HUBERT nous a quitté à l’âge honorable de 95 ans. Jacques était une personnalité forte de l’histoire de l’Automobile Française, c’est à lui que nous devons le célèbre Djet et toutes les René Bonnet en général. Il était également l’auteur des premières Matra de compétition que sont la MS1 (monoplace de Formule 3) et la MS610, dite « coupé Napoléon ». Il quitta Matra en 1967, à la suite des désaccords qu’il y a entre lui et Bernard BOYER sur les principes de travail. 

Toutes nos sincères condoléances à ses proches. 

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